La machine infernale contre les épargnants

Discussion sur l'économie mondiale.

La machine infernale contre les épargnants

Messagepar Jean-Francois Richard » Mer 04 05 11 23:51

L'article qui suit a été rédigé pour "Le cri du contribuable", journal de "Contribuables Associés" (http://www.lecri.fr/).

Il n'est évidemment pas de nature astrologique. Mais il illustre à mon avis très bien la montée en puissance du carré Uranus-Pluton comme la décroissance du cycle Saturne-Pluton, deux éléments qui poussent à une fiscalité de plus en plus exagérée et tueuse de croissance. Avec l'exemple ci-dessous, on atteint même la fiscalité délirante...

Une nouvelle machine infernale contre les épargnants

Nicolas Sarkozy essaye de convaincre ses homologues au G20 d’introduire une « taxe sur les transactions financières ». Le but, particulièrement flou, serait tout à la fois de limiter la spéculation comme de favoriser le développement. Sans autres précisions… Mais elle est aussi présentée comme « morale » par le chef de l’Etat… Cette notion idéologique de rédemption par l’impôt n’est pas nouvelle et, s’agissant de ce projet de couche supplémentaire, son point de départ remonte à une proposition du prix Nobel d’économie en 1972, James Tobin, dans le but de limiter les opérations spéculatives, notamment sur le marché des devises.

Le président français présente cette taxe comme tout à fait indolore, car elle se ferait sur la base d’un taux très bas à 0,05% sur le montant de toutes les opérations sur les différents marchés financiers. Mais à quoi pourrait donc bien servir une taxation aussi marginale ? Son créateur, James Tobin, fournit la réponse : il envisageait pour sa part un taux pouvant se situer entre les 0,05% de Nicolas Sarkozy et… 1%, soit un niveau 20 fois supérieur !

On voit ainsi ce qu’il adviendrait de cette taxe si modeste… Une fois instaurée, il suffirait de jongler avec le taux, à la hausse bien sûr, pour la rendre infiniment plus conséquente. Au risque de perturber tous les marchés de capitaux qui financent l’économie…

D’ailleurs, au taux a priori aussi « ridicule » de 0,05%, cette taxe serait-elle si négligeable ? Eh bien, pas du tout, ce serait une grossière erreur de le penser. Même à 0,05%, une telle taxe ferait littéralement s’envoler la taxation des revenus de l’épargne !

Prenons un exemple simple… Un épargnant français a un portefeuille de 1000 euros. Il effectue un achat et une vente sur l’année, qui lui dégagent une plus-value de 10%, soit un gain de 100 euros. Actuellement, l’addition des nombreux impôts et taxes sociales sur les plus-values est de 31,30%, ce qui lui retire 100 x 31,30% = 31,30 euros. Son gain net d’impôts et de taxes ressort ainsi à 100 – 31,30 = 68,70 euros.

En appliquant la « taxe sur les transactions financières », il paiera d’abord à l’achat 1000 x 0,05% (= 0,5 euro), puis à la revente 1100 x 0,05% (= 0,55 euro). Puis il subira les 31,30% d’impôts et taxes, soit les 31,30 euros déjà mentionnés. Au total, il versera donc en tout 0,5 + 0,55 + 31,30 euros, soit un taux à 32,35% sur sa plus-value. On s’aperçoit ainsi que cette taxe si « minime », selon ses promoteurs, n’est pas du tout négligeable : elle augmente le prélèvement fiscal de plus d’un point entier de pourcentage ! C’est à dire la différence entre 32,35% et 31,30%.

Au point où on en est déjà, on va se dire que cela ne fait tout de même pas une grosse différence. Admettons… Mais reprenons notre même épargnant avec son même portefeuille de 1000 euros. Au lieu de ne faire qu’un seul achat et qu’une seule vente dans l’année, il fait douze achats et douze ventes pour aboutir à un résultat identique, c’est à dire une plus-value de 10%, soit 100 euros à nouveau.

Là, l’addition devient corsée. En voici le calcul simplifié, en considérant que toutes les opérations d’achat ou de vente sont faites sur le niveau médian de 1050 euros : 1 050 x (12 x 2) x 0,05% = 12,6 euros. Auxquels s’ajouteront bien entendu 31,30 euros au titre des 31,30% de fiscalité ordinaire. On arrive ainsi à un prélèvement global de 12,6 + 31,30 euros, soit 43,9 euros. Comme cette ponction finale se rapporte toujours à une même plus-value de 100 euros, cela donne un taux global de 43,9% ! Il ne reste donc plus dans la poche de notre épargnant que 100 – 43,9 euros = 56,10 euros au lieu des 68,70 euros avec le seul prélèvement de 31,30%…

On s’aperçoit ainsi que cette taxe soi-disant insignifiante devient rapidement une machine à broyer l’épargnant. Rarissimes sont en effet ceux qui ne font qu’un achat et une vente par an, surtout sur un petit portefeuille en actions. Même sur un portefeuille moyen, celui-ci est en moyenne investi et désinvesti au moins trois fois par an. Dans ce dernier cas, le plus courant, cela correspond à une taxation supplémentaire d’environ 3,5 points de pourcentage sur les plus-values. Ou pour rendre plus parlant cet exemple, à l’équivalent d’un passage de la CSG-CRDS de 12,3 à environ 15,8% ! Avec un taux de « seulement » 0,05%…

Au taux de 1% envisagé au maximum par James Tobin, la taxation sur la plus-value dans le deuxième exemple (12 achats et 12 ventes) serait alors portée de 43,9% à 283%, soit la perte au bout du compte de 283 euros pour avoir eu le tort d’ en avoir gagné 100…

Voilà la réalité pratique de ce projet de taxe supplémentaire : calamiteux pour l’épargne et l’investissement ! Mais gageons que les politiciens qui le soutiennent ne savent pas faire ces calculs élémentaires.

Jean-François Richard
Jean-Francois Richard
Site Admin
 
Messages: 7944
Inscription: Ven 13 04 07 18:27
Localisation: F-Lambesc (13)

Messagepar schmuck » Jeu 05 05 11 09:32

Taxe impossible a mettre en place a taux fixe,en tout cas.

Les marches les plus liquides sont les marches de capitaux(eurodollar),
avec des marges infimes surtout avec des taux a CT proche de zero.

Sans oublier que la plupart des transactions sur devises se font des marches non regules qui sont les plus profitables(car les plus obscures) et les banques
mettront des centaines de millions en lobbying.

La complexification des produits financiers rend de plus en pratique une application quasi impossible.

Bref c est du populisme pre electoral.

Il faut surtout trouver un moyen de stopper la concurrence fiscale de maniere planetaire,et d appliquer la fiscalite de facon rigoureuse.

La comptabilite est devenue tellement complexe,qu il est possible de jongler avec les chiffres via les filiales,le hors bilan,les comptes offsore etc que les entreprises ne paient plus d impots(multinationales).

IL faudrait imposer le chiffre d affaire en fonction du secteur economique
ce qui limiterait la possibilite de manipulations comptables.
schmuck
 
Messages: 84
Inscription: Jeu 19 03 09 09:23

Messagepar Jean-Francois Richard » Mar 14 06 11 18:37

Et voilà le premier étage de la machine infernale contre les épargnants qui est mis en place :

http://www.lepoint.fr/economie/adoption ... 857_28.php
Jean-Francois Richard
Site Admin
 
Messages: 7944
Inscription: Ven 13 04 07 18:27
Localisation: F-Lambesc (13)

Messagepar Jean-Francois Richard » Mer 28 09 11 12:33

Je viens de remettre ce sujet dans "les débats qui font la une", car la Commission européenne propose d'instaurer cette taxe au niveau de l'union européenne...

Et pas au taux de 0,05% mais à celui de 0,1%, soit le double !

Les calculs de l'article demeurent justes, mais il faut en double les conséquences...

Cette taxe, telle que proposée aujourd'hui, ne concernerait que les actions et les obligations. Donc une taxe de plus sur la seule épargne des Européens...

Tout cela pour quoi ? Plus question de financer le tiers-monde à présent, mais d'alimenter le plan de stabilisation pour cause de crise de la dette.

Voilà, vous savez tout, Barroso et ses amis veulent confisquer une partie de votre épargne au profit de la mafia politique grecque !

Ca ne marchera pas, mais l'épargne européenne s'en trouvera saccagée, surtout en France où taxes et impôts atteignent déjà un record mondial qui est battu quasiment tous les mois par de nouvelles mesures.

En plus, cette taxe, comme toutes les taxes instaurées, ne sera évidemment pas supprimée ultérieurement. En revanche, son taux augmentera inexorablement, à mesure que la crise de la dette deviendra de plus en plus aigüe.

Et on nous parle de croissance ? Les politiciens font tout ce qu'il faut pour qu'elle ne revienne jamais...
Jean-Francois Richard
Site Admin
 
Messages: 7944
Inscription: Ven 13 04 07 18:27
Localisation: F-Lambesc (13)

Messagepar Johnny John » Mer 28 09 11 15:09

Bonjour à tous.

Et la croissance des déficits, qu'est-ce que tu en fais !

Johnny John
La gravité est le bonheur des imbéciles et la nécessité des religions. (Montesquieu et autre)
Johnny John
 
Messages: 3534
Inscription: Ven 10 10 08 10:49
Localisation: Paris

Messagepar Jean-Francois Richard » Mer 28 09 11 15:11

lol :lol:
Jean-Francois Richard
Site Admin
 
Messages: 7944
Inscription: Ven 13 04 07 18:27
Localisation: F-Lambesc (13)


Revenir vers ECONOMIE MONDIALE

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité