L'Aristocratie politique

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Dim 25 11 18 12:37

Bonjour à tous.

Pour distribuer de la honte avec cette prodigalité-là, Macron doit en avoir plein le buffet à son pépère. Il doit la collectionner sans doute, une habitude de gauche paraît-il. La honte, selon les ethnologues du principe, n'est pas une chose que l'on distribue mais qu'on ressent, Macron, lui, ne la ressent pas, les ors du palais servent d'antidote, ils sont recommandés d'ailleurs pour ça.

Pas de violences en République, a-t-il dit, le Président; il n'a pas dit en démocratie, ce qui signifie qu'il reste lucide bien que, du haut de sa chaire, il ait la tête toute nimbée de ses oraisons.

L'étalon journalistique mesure le gilet jaune à l'aune d'un matraquage fiscal hautain, mais en fait le gilet jaune-phare, par sa couleur-même, dit seulement "j'existe, je suis là". Il dit, grâce à sa sape de route, tout ce que le système monarchique de la Ve République, lui interdit d'exprimer, à savoir : "j'existe, je suis là" et il ajoute, pour la circonstance, "arrête de me rouler dessus".

La place du citoyen n'est actuellement nulle part sauf dans ce gilet, car nulle part ailleurs il n'est entendu. Dans une démocratie, il en irait autrement, mais le système de représentation national actuel, qui fait si bien l'affaire de tous les estomacs de nos élus, n'est qu'une captation de pouvoir et non pas une représentation, car dans la représentation, le maître de maison peut à tout instant dire stop et arrêter le mouvement, le réorienter. Quel citoyen a ce pouvoir ? Le citoyen, à cet égard est un néant. Ce n'est pas une démocratie où il vit, c'est une tutorocratie, où les élus lui servent de papas et de mamans.

Dans notre monarchie constitutionnelle, que les plus audacieux appellent "République", le citoyen est considéré comme taré de naissance, incapable de ces bons choix qui font si bien la splendeur de l'état de la France actuelle, qu'on s'étonnerait d'y voir, où que ce soit, la marque de sa signature. De somptueux idiots en costumes de penseurs dénoncent d'ailleurs la déplorable pratique, du référendum; ils y voient tout ce que le citoyen pourrait faire sur sa propre existence, existence de taré bien sûr, et ces penseurs-là sont très soucieux du bien-être du citoyen, d'abord parce qu'il est taré et ensuite parce que comme tel, il est citoyen.

Ont-ils tort, ces penseurs à florilèges de compétences ? Avec les maurassiens, on peut être maurassiens même à gauche, surtout d'ailleurs; avec les maurassiens, ils pensent, c'est le travail du penseur, qu'on peut se tromper en étant majoritaire. C'est une belle pensée, ils l'ont, c'est beau. On peut se tromper en étant majoritaire, c'est vrai, c'est triste; mais, comment sortir de la tristesse, on peut aussi se tromper en étant minoritaire. Voilà le drame, on peut toujours se tromper.

Aussi tant qu'à se tromper autant se tromper sur ses propres affaires; or, nos penseurs que le moindre référendum dégoûte, n'acceptent de se tromper que sur les affaires des autres, autant dire celles du citoyen. Et le citoyen, lui, peut-il se tromper sur ses propres affaires ? Bien évidemment non sur le courant de sa vie, puisque comme tout être vivant, c'est là où est sa grande intelligence, il s'éloigne du feu sitôt qu'il sent du roussi à son costume. Les politiques font d'ailleurs de même pour leur propre compte, là il n'y a pas de différence, l'intelligence est semblable.

La reconnaissance d'une intelligence semblable ne fait pas l'affaire du "représentant", ça lui donne le sentiment d'être un moins que rien, d'être un simple citoyen, un néant; c'est une épreuve trop cruelle pour un élu, c'est vraiment très dur, c'est trop; aussi il lui faut, sauf à risquer l'asphyxie, s'éloigner du tout venant, se pincer le nez à la simple idée de démocratie. Le citoyen en a bien assez avec des élections tous les cinq ans, bâties sur mesure pour l'édification de la carrière des élus, c'est le fameux pacte républicain, oui, bien assez.

Si on demande l'avis du citoyen, si on organise un référendum, il se trompe de jeu, il répond à côté de la plaque, le citoyen, il ne s'attarde qu'à virer un gouvernement plutôt qu'à régler le problème du jour, donc on ne peut pas lui faire confiance, d'autant que c'est un crétin qui se trompe toujours quand il ne répond pas comme voudrait le pouvoir en place. C'est ce qu'il faut retenir, fondamentalement il se trompe... pas du tout comme un politique, comme un "représentant" qui lui ne se trompe jamais. Ca fait une sacrée différence quand même.

Une sacrée différence... En fait pas du tout. Le représentant qui n'en finit pas de se tromper, rectifie en permanence, de manière à conduire le pays là où il est, région fleurie; le pouvoir de rectification permanente, il se l'accorde et lui trouve un caractère des plus naturels, mais pour le citoyen... niet, nichte, peau de zob, que dalle. Pourquoi cette différence ontologique, le citoyen est et doit rester ce qu'il est: un néant.

Et c'est bien sûr là la ligne de démarcation entre une démocratie et cette escroquerie républicaine qu'on nous sert sous le nom de démocratie : le statut vital du citoyen. L'escroquerie se distingue à son citoyen mort, congelé, réanimé tous les cinq ans pour l'édification des carrières des "représentants". *

La démocratie, quant à elle, si elle ne se passe pas de la représentation nécessaire, elle la jugule le cas échéant par la souveraineté du citoyen, c'est-à-dire de cet être vivant qui fonde sa vie publique en votant couramment, c'est là l'essentiel couramment, non pas pour des gens, mais pour des choses, et dont l'erreur possible n'a pas d'autre gravité que de pouvoir sous l'échéance la plus brève se voir corriger, ce que fait d'ordinaire n'importe quel gouvernement.

Et ce système existe, c'est le système suisse. Mais il est vrai que la Suisse est une démocratie, quel autre pays d'Europe ?... On ne le voit pas, quant à la France, à cet égard, elle fait pitié. Et c'est peut-être de cette pitié-là que la honte répond à la honte, celle du citoyen à celle de Macron, qui a voulu voir dans l'apparition des gilets de route l'organisation d'une partie de nain jaune.

https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/2 ... _23599408/

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Christophe » Lun 26 11 18 10:17

Sincères compliments, JJ, pour la qualité de tes analyses.
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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Jeu 29 11 18 18:48

Bonjour à tous.

Merci Christophe, ces analyses reflètent sans doute un peu les causes fondamentales des événements en cours.

Et à propos de ces événements, on voit des choses amusantes, comme un Goupil, représentant trotskiste de lui-même, invité à débattre avec celui que les gilets jaunes ne paraissent pas, à ce jour, désavouer lorsqu'il porte au moins une partie de leur parole. Ce non-désaveu, valant élection pour la circonstance, ne suffit pas à Goupil, qui ne supporte de parler qu'avec un élu, comme Trotski, par exemple, pouvait l'être à son époque, et Goupil à la sienne, lorsque choisi par LCI, celui-ci vient, au nom de son poisson rouge et du chat de sa voisine, pour la discute avec... avec lui seul bien sûr, afin que Pujadas puisse jouer laborieusement au distributeur de paroles entre les plus qualifiés pour représenter l'opposition entre un vieux souvenir sorti des placards pujadasiens et un problème d'actualité.

Mais puisque Pujadas a du goût pour les vieux potes de l'amicale des commémorations des pavés avec cocotiers en dessous et qu'il a fait connaître à nombre de ses invités un de ses gourous de son enfance studieuse, Romain Goupil, celui qui vient pour parler aux autres mais ne veut pas qu'on lui cause, et que ce dernier est cinéaste fou d'amour de la démocratie, on ne doute pas qu'une prochaine des productions de cet ami précieux s'occupera d'en montrer l'idée générale qui manque tant aux gilets jaunes si coupables de ne pas avoir lu et adoré le père Léon, le fada du piolet.

Dans cette oeuvre magistrale qu'on verra sûrement un jour, on découvrira la rutilence de la représentation nationale désignée par un scrutin à deux tours de con, lorsqu'un seul d'intelligent suffit; on y observera ébloui comment une démocratie peut exister sans le moindre vote pour la moindre chose, ou s'y extasiera de la confiance aveugle nécessaire au citoyen pour accepter les caprices absolus d'un gouvernement tout le temps d'une mandature, sans aucun contre-feu possible de la part du maître des lieux, le fameux citoyen; on s'y bouleversera que le seul instrument faisant la différence entre une démocratie et une tutorocratie, le référendum d'initiative populaire comme il en existe de manière si courante en Suisse, sert de crachoir à tant de tronches en biais de la pensée droite; enfin on sortira de la salle en civière, car le 15 fonctionne plutôt bien.

https://www.lci.fr/social/video-d-ou-tu ... 05945.html

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Ven 30 11 18 17:22

Bonjour à tous.

Mathieu fait des mystères, il se tait sur l'essentiel. Par contre il cause sur le reste.

https://www.breizh-info.com/2018/11/30/ ... -kassovitz

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Mar 04 12 18 10:34

Bonjour à tous.

D'après les avisionados, les gilets jaunes porteraient un magma de revendications. Le magma étant une masse pâteuse et épaisse, les revendications doivent être un peu gluantes. Par bonheur, elles n'attachent au téflon du discernement journalistique, qui après avoir cardé l'ensemble y retrouve tout le bazar des propositions de nos partis politiques.

Sacré magma ! Par chance, il en faut bien un peu dans un pays où le politique est aussi lourd à supporter que ses privilèges, par chance ce magma en fusion a, tout comme en volcanologie, une voie de sortie vers la clarté du ciel, l'instauration de la dignité du citoyen en tant qu'être vivant et adulte par l'établissement des votations courantes sur tout sujet lui important assez pour mériter le vote. Pratique totalement habituelle en Suisse depuis des décennies.

Laurent Wauquiez propose un référendum sur la mutation énergétique, ce pourrait être intéressant s'il ne relayait pas là une vieille pratique consistant, pour le politique, à faire l'aumône sur un sujet unique, particulièrement ponctuel, d'un référendum. Le citoyen ne fait pas la manche, il veut être respecté en tant qu'être vivant et adulte, ce n'est donc pas un référendum qu'il souhaite, mais un système où la votation est d'une monnaie aussi courante que nécessaire. Sa défiance vis-à-vis des "représentants" n'a pas d'autre origine, il veut avoir son poids dans le jeu des institutions, il ne veut pas seulement être le carburant de la machine, il veut aussi pouvoir la conduire par des choix directs et précis.

Non seulement le citoyen ne demande pas l'aumône, mais encore il sait, contrairement aux spécialistes de la grosse laine frileuse dont on lit les peurs dans les lignes de leurs "convictions", que c'est justement le caractère non pas exceptionnel mais courant des votations, qui va avec la reconnaissance de sa dignité, qui lui empêche de jamais répondre en dehors du sujet que l'état social porte à son attention lors d'un référendum, ou plus exactement d'une votation, car "référendum" est un terme prétentieux, condescendant, puisqu'il ne désigne qu'une proposition venant des autorités en place, ne permettant pas la double circulation du haut vers le bas et du bas vers le haut, circulation aller et circulation retour comme dans un corps vivant muni d'un appareil cardiaque. De là, on comprend d'ailleurs pourquoi nos institutions sentent la mort, celle du citoyen.

Il est donc facile de sortir du problème dit des "gilets jaunes", il suffit d'insuffler de la vie dans les textes constitutionnels, après bien sûr que les nuages soient passés, car lorsque les temps sont venus, ils ont besoin d'un peu d'espace pour s'étendre.

Marine Le Pen propose quant à elle de la proportionnelle, il est vrai qu'aujourd'hui la représentation est une représentation des alliances de partis et non pas une représentation nationale, ainsi quand on entend parler de représentation nationale il s'agit d'une simple escroquerie, coutumière sous la cinquième république, mais même une représentation nationale ne peut prétendre à représenter le citoyen si celui-ci est considéré comme un cadavre institutionnel pendant toute une mandature, privé de toute faculté d'intervention dans l'édification des lois de son pays, car une représentation ne peut représenter que des êtres vivants et non pas des morts. Une escroquerie peut toujours en cacher une autre.

https://www.liberation.fr/france/2018/1 ... te_1695802

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Lun 10 12 18 13:24

Bonjour à tous.

1958 : une constitution; 1968 : une révolution. Ca donnait déjà l'idée du texte. Le jeu des alternance, le faux pif démocratique de la gauche mitterrandienne, les lourds croquenots des dernières années ont réussi, vaille que vaille, a maintenir à ce texte à deux étoiles une vague idée de légitimité démocratique, on voit assez aujourd'hui, en 2018, 60 ans après son établissement, le genre de ruine avec lierre grimpant que le Général nous a refourgué. Le bonhomme voulait du sceptre, on en a eu le doigt.

Ce n'est pas que le livret soit mal écrit, on n'y trouve simplement pas le personnage principal de la pièce, on s'attend à voir un protagoniste d'importance, on trouve un bibelot, un machin pour enjoliver le côté littéraire du script, un truc qui va bien avec les boudoirs à l'heure du thé.

L'intérêt du bibelot c'est qu'on peut le repeindre comme on veut, couleur Euréka par exemple, une jolie couleur venant du vieux fond hussardien de ceux qui voient du sens dans la dépossession des plus vieux au bénéfice des plus jeunes, afin de disculper leur incompétence à relancer la machine économique. Effectivement ça a du sens, comme l'aura son contraire quand ce sera la mode bien sûr, pour le vivre ensemble dans l'unité nationale de la nation guidée par les lumières de Noël du Papa de nation, car la nation sans son père que ferait-elle ? Où trouverait-elle son biberon ?

En attendant les plus sûrs gardiens de notre nurserie nationale savent le chemin à prendre pour la distraction des enfants. Pourvu que ça les apaise en ces temps où la météo semble encore si chargée.

https://www.rtl.fr/actu/politique/pas-d ... 7795869313

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Mar 11 12 18 15:43

Bonjour à tous.

Notre président des devoirs des Français a parlé à la nation, la nation des devoirs du président. Nous avons tous beaucoup de devoirs, c'est le président qui le dit, et nous avons, en sa personne, un professeur remarquable pour nous noter. Si nous avons la chance de ne pas aller au coin, nous pourrons peut-être regarder par la fenêtre et voir autre chose que les cours pour gamins qui sortent de l'Elysée avec la vigueur d'un catéchisme des premiers siècles.

Notre devoir est de ne pas nous plaindre, aussi il n'y aura pas de commentaire aux courbes qui suivent; elles amuseront sans doute le retraité qui, après le discours présidentiel, a cru s'enrichir de quelque chose. Les courbes sont incomplètes, mais par simple pudeur.

https://www.retraite-cfr.fr/nos-positio ... -fin-2014/

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Mer 12 12 18 19:18

Bonjour à tous.

Le référendum d'initiative populaire, ou citoyenne, au choix, paraît intéresser de plus en plus de ces gueux en gilets jaunes, sans-dents insupportables, illettrés à pancartes, qu'on rencontre sur le bord des routes et jusque dans les champs, élysées si vous voulez.

La haine du citoyen, c'est-à-dire de la démocratie, est telle en France, mais pas seulement; qu'en France justement on s'en est occupé, à la manière française du référendum d'initiative citoyenne; le politique qui doit tout au citoyen jusqu'au moindre fil de ses chaussettes, lui a taillé un costard sur sa mesure à lui, le politique, papa s'il en est de toute la gueusaille qui croit quoi avec sa prétention à s'exprimer autrement que par le truchement d'adultes, de responsables, c'est-à-dire de politiques.

Le référendum d'initiative citoyenne, doit donc avoir ses limites, c'est-à-dire ne pas pouvoir exister; et si jamais par aventure il venait à poindre du nez, à être soumis aux adultes qui ont la charge de l'Etat; Etat qui va bien, merci, grâce justement à l'absence de toute décision venant directement du citoyen. Voire à cet égard les chiffres économiques entre autre.

Les Suisses n'ont aucun problème avec leurs multiples référendums annuels, mais bien sûr ce sont les Suisses, êtres beaucoup plus intelligents que les Français, comme se plaît à le gueuler, par la force de son exécration, nos textes en matière de référendum, textes jamais soumis à l'approbation citoyenne, cela va de soi. D'ailleurs rien n'est soumis à l'approbation des citoyens, rien. Le citoyen français est un handicapé majeur pour la classe politique française, qui trouve là la manière à la fois la plus explicite et la plus hypocrite de l'injurier, de le traiter de tout... et dans tout il y en a, suffit de se pencher au-dessus de la tinette pour s'en rendre compte, de tout... sauf de Suisse.

Et puis dès l'évocation de l'idée de référendum, qui n'est autre que l'expression d'un peuple, tout tremble dans la cabane, car le peuple, forcément débile ne saurait pas prendre des décisions pour lui-même, lui-même étant un sujet bien évidemment hors de sa portée; par exemple, il ne saurait pas déclarer une guerre comme celle de 14-18 ou de 39-45, il ne saurait pas, seul le politique sait faire ces choses-là. Et il le fait pour le bien du peuple, qui en remerciement le nourrit copieux, voire lui règle ses frasques.

D'ailleurs, il y aurait une querelle, nous dit Causeur, entre la souveraineté populaire et la souveraineté nationale. Causeur le dit, mais est-il capable de le prouver ? On attend la démonstration avec impatience, car rire à Noël est généralement annonciateur d'une bonne année.

Le journal, qui ne manque pas d'audace, ajoute que "certains agitent également le spectre du populisme, faisant valoir que le peuple ne serait pas capable de se prononcer sur des sujets trop techniques, ou qu’il ne faudrait pas l’interroger sur des thématiques trop polémiques : on pense à l’islam, l’avortement, la peine de mort, l’immigration, etc.". Et c'est là bien ce qu'on avait cru comprendre en écoutant les politiques, le citoyen, à cette description, ressemble à un parfait connard.

Citoyen incapable, car des sujets pourraient être trop techniques, comme si les politiques possédaient des cerveaux d'une race supérieure pour s'en sortir, et comme si le citoyen décidément de plus en plus con au fur et à mesure qu'on parle de lui, allait se choisir des sujets auxquels il ne comprend rien.

Citoyen indigne de s'occuper de ses affaires, de toutes ses affaires, sans permission de l'autorité d'un représentant de dieu sur terre, d'un roi lui interdisant les sujets qu'il trouve bon de traiter, et lui supprimant son quatre-heures s'il n'a pas fait ses prières du soir.

Toute cette farce "démocratique" tremble désormais devant un simple gilet de route, comment ne pas le comprendre c'est une telle misère incapable de tenir la moindre rhétorique. En tout cas les Suisses, beaucoup plus riches que nous, s'en passent fort bien.

https://www.causeur.fr/referendum-initi ... ets-157044

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Lun 07 01 19 12:13

Bonjour à tous.

Le mouvement des Gilets Jaunes, né comme la Fronde du poids monarchique de l'hystérie fiscale du pouvoir, est une gourmandise que ne veut rater aucun politique. On y a vu très rapidement un magnifique joyau d'impertinence pour nos institutions du mépris, le RIC; RIC par lequel, par exemple, la pauvreté programmée des retraités si finement ciselée par l'en-marchisme actuel se verrait éconduire sans délai; RIC par lequel aucun sujet de société ne pourrait plus être exclu du libre débat et de la libre décision du citoyen pour la formation de sa maison de droit. Un vrai joyau ce RIC pour le citoyen; et donc une vraie merde pour le pouvoir français qui a toujours eu la plus vive horreur de la démocratie tout en en vantant les mérites, seule manière pour lui de croûter dans l'univers des habitudes héritées de 1789.

Ce mouvement, qui nous vient de l'hyper-taxe et de la manière d'empereur de l'organiser, a vu très vite s'agglutiner à son miel, tout un fatras de redondances, de listes revendicatives, véritable bonheur pour ceux qui ne rêvent que d'en disperser l'essence. On y verrait même, dans le cadre de l'anti-taxe des Gilets Jaunes, la demande de restauration d'une taxe, celle sur la fortune. Comme sommet de numéro de cirque, on fait pas mieux. A quoi d'ailleurs, on voit combien l'infiltration du mouvement par ceux qui haïssent plus que tout la démocratie, donc l'infiltration du mouvement par les partis, est à l'oeuvre, puisque par le RIC cette singulière demande de taxation d'un mouvement anti-taxes pourrait très naturellement, dans l'esprit Gilets Jaunes, se voir proposer à une votation.

A chaque revendication, sur d'autres points particuliers que le RIC, qui leur ouvre la voie à tout et d'abord à l'existence-même qu'ils n'ont pas, les Gilets Jaunes s'enterrent et font le jeu de ceux qui les voient s'enliser à si peu de frais. Pour avoir voulu tout avoir, ils n'auront que la miettouille. En veulent-ils une preuve ? Le grand débat national pour s'informer des voeux des Français. Un bel exercice de maternelle, non ? Un pouvoir qui connaît si peu son pays qu'il ne sache pas les souhaits prioritaires de la majorité des Français. Une farce, non ? Et puis après le "Grand débat national" quoi ? Un citoyen toujours aussi impuissant, réduit au silence absolu coutumier dans l'univers de ses propres droits, toujours une loque, quoi. Une loque assurément, mais brillantissime pour l'Elysée, car sans pouvoir aucun sur le moindre de ses propres droits.

Avec le RIC, aurait-on besoin de grand ou petit "débat national" ? Les souhaits du "débat", ou d'autres, seraient beaucoup plus qu'abordés, ils seraient résolus dans l'efficience du droit. Il ne s'agirait pas de vaines paroles, ils deviendraient des faits. Tout ce que hait le pouvoir, ses coussins, ses dorures et... ses éminents copains et conseillers subtils.

Les copains justement, leur situation personnelle leur donne le sentiment d'y être déjà en démocratie, il leur suffira donc d'être convainquant en la matière pour éviter cet épouvantable recours au RIC qui leur semble une telle boue. Ainsi Darmanin nous parle de la démocratie, il dit ce qu'elle n'est pas, mais il dit aussi ce qu'elle est, tout y est ordre, il n'y manque donc que le calme et la volupté, autant dire le RIC.

Et surtout, comme le dit Darmanin, soyons ferme quand le pouvoir tremble. Sinon ce n'est pas la peine.

https://www.rtl.fr/actu/politique/gilet ... 7796148663

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Re: L'Aristocratie politique

Messagepar Johnny John » Lun 14 01 19 13:06

Bonjour à tous.

A lire la presse, il semblerait que le Président se soit fendu d'une bafouille. Pas du tout dans le genre locution latine et concision admirable, non plutôt une mare, un truc où pour en faire le tour il faut prendre une barque et y aller d'un aviron solide. Il va l'envoyer, d'après les infos, aux Français. On va donc la recevoir dans un sac plastique pour éviter les fuites. Au moment de l'ouverture, mieux vaudra se mettre au-dessus de l'évier et prévoir une épuisette afin de recueillir les éventuels têtards.

L'épître, il y a toujours un nom pour chaque chose, l'épître semble aller d'un rivage à l'autre et aborde toutes les plages de sable fin où la classe politique à ses usages, parasol, boissons glacées, pailles colorées, lunettes de soleil, peignoir de bain, fauteuil-détente. Ce n'est plus un écrit, c'est une croisière, d'où sa durée.

Cette embarcation conduit le citoyen partout où il n'a que faire, ses goûts le portant davantage à la simplicité de l'essentiel. Mais cette simplicité est tellement simple, qu'habituée à la pompe des artifices du prestidigitateur, ceux qui sont sur la plage de sable fin ne la voient pas, même avec leurs belles jumelles.

Ainsi ni Macron ni ses plumitifs qui brassent tant d'air, ni la gauche et son Poste de Secours conduit par François le bien coiffé, le permanenté de la 5ème, ni Wauquiez et ses "Républicains" qui veulent tant de bien au citoyen à condition qu'il reste dans sa condition d'enfant, ni un certain nombre d'autres probablement ne saisissent combien le citoyen ne souhaite qu'une chose: le droit à l'existence, autrement dit la démocratie, ce système qu'il n'a jamais connu et qui, seul, lui permettrait d'accéder à l'édification de son propre droit, à évoquer les problèmes qui lui semble d'importance et à les résoudre par le vote, sans le secours impératif de ces pitoyables tuteurs qu'on appelle "responsables politiques". Vote non obligatoire bien sûr, comme chez les Suisses, ces champions de la démocratie, où on ne brandit ni trique ni knout pour obliger au vote, expression d'une liberté fondamentale et non d'une cage à l'odeur fascisante.

Mais comme le dit la missive: "Aucun sujet n'est tabou, il n'y a que le tabou qui ne soit pas un sujet".

https://www.francetvinfo.fr/economie/tr ... 43301.html

https://www.facebook.com/LaurentWauquie ... 4971910595

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