Un vent inflationniste !

Discussion sur divers sujets internationaux.

Un vent inflationniste !

Messagepar Jean-Francois Richard » Lun 03 01 11 16:29

Un vent inflationniste !

Depuis la fin de l'été dernier, nous avons souligné la forte probabilité d'une progression de l'inflation dans les pays industrialisés. En effet, la planète Neptune représente en particulier la hausse des prix et elle subit depuis 2007 le cycle décroissant de Saturne, ce qui est inflationniste. De surcroît, ce cycle décroissant est arrivé à l'étape de surcroît négative de son sesqui-carré (angle négatif de 135°) qui a débuté son influence potentielle l'été dernier et ne l'achèvera que fin 2011 ou début 2012.

Il y a donc de notre point de vue un repère très clair en faveur de tensions inflationnistes, alors même que la reprise de l'économie en Europe et aux Etats-Unis est encore faible et limitée. Heureusement, la période actuelle est également marqué par une relation positive entre Uranus et Neptune (demi-sextile de 30°). Cela devrait normalement limiter les pressions inflationnistes des mois à venir.

Pour le moment, en tout cas, on ne peut que s'inquiéter de voir la valse annoncée des étiquettes alors que le pouvoir d'achat des ménages de façon générale demeure sous pression. Le meilleur instrument de mesure à cet égard au plan mondial est l'indice CRB des matières premières. Or, cet indicateur est passé du niveau 260 en septembre dernier à plus de 330 le 31 décembre 2010, soit une progression fulgurante de plus de 30% en seulement trois mois !

Le CRB ne fait que refléter la hausse violente que subissent la grande majorité des matières premières : coton, cacao, sucre, or, pétrole, argent, métaux ferreux, etc. Tout y passe... Les prix à la consommation n'en sont pas encore ou peu affectés, sauf pour l'essence et le fuel notamment, mais cela ne devrait pas tarder : on peut parier qu'en janvier ou février prochain, les différents indices des prix dans les pays occidentaux vont flamber !

En fait, le mouvement est même plus général qu'on n'aurait pu le penser initialement. A la hausse des matières premières s'ajoute de surcroît la progression brutale des salaires chinois, ce qui va peser sur un grand nombre de produits importés. De nombreuses grèves ont en effet entraîné des hausses de salaires allant jusqu'à +50% ces derniers mois en Chine, l'usine du monde... Globalement, cela devrait rendre les produits chinois plus chers d'environ 10 à 20% selon les secteurs.

Dans nombre de pays industrialisés, on constate également des hausses de prix dans nombre de domaines. Sur ce plan, on peut prendre pour exemple la France, même si elle est certainement une caricature en ce domaine. Des hausses déraisonnables affectent en effet tous les services nécessaires aux ménages depuis quelques semaines ou mois : +5 à 8% pour les transports SNCF, +5% pour la RATP, +3/5% pour l'eau de ville, +5/+10% pour les assurances voiture ou habitation, +11 et même près de +20% en deux ans pour l'électricité, +10 et même autour de +20% en moins de deux ans pour le gaz, +3% pour les taxis et autant pour les péages autoroutiers, +10% environ sur le tabac, etc. La liste n'est d'ailleurs pas exhaustive...

Cette prévisible vague inflationniste touchera d'autant plus les pays qu'ils sont mal gérés ou que différents lobbys étatiques en aggravent le coût. C'est notamment le cas de la France et, dans d'autres pays européens, notamment dans le Nord, on peut a priori penser que la hausse des prix sera moins forte et moins brutale.

Il n'en demeure pas moins que le mouvement va être général. Au cours de l'hiver à venir, compte tenu de la conjonction de multiples hausses en même temps, on pourrait même se demander si l'on ne va pas assister à une véritable flambée des prix ! Si certains indices aujourd'hui assez sages sous les 2% se mettent à passer autour de 4% en tendance annuelle, il ne faudrait peut-être pas s'en étonner... Bien sûr, il est difficile d'anticiper le niveau exact des indices. Mais chacun peut d'ores et déjà faire ses comptes et constater, hors impact à venir de l'envolée des matières premières, que son pouvoir d'achat va en prendre un coup en 2011. Et pas uniquement à cause de hausses d'impôts déjà connues...

La hausse prévisible des prix va s'étaler à notre avis au moins jusqu'à l'automne 2011. Elle va donc très probablement affecter l'ensemble de cette année, et peut-être encore le début de 2012. A plus long terme, on peut douter de fortes tensions inflationnistes car notre principal repère suivant (carré Uranus-Pluton) a un effet clairement récessionniste et que cela n'est évidemment pas favorable à l'inflation. Au plan économique, ce facteur est déjà agissant en partie et il pourrait d'ailleurs limiter la pression que l'on peut redouter en 2011.

Cependant, il convient aussi de prendre en compte le phénomène chinois, qui ne fait sans doute que préfigurer une tendance plus générale dans l'ensemble des pays émergents. Pendant environ deux décennies, la montée en puissance de ce pays a eu pour effet de casser les prix dans les pays occidentaux. Remplaçant progressivement nombre de produits fabriqués dans les pays industrialisés, la baisse des prix a été une réalité. L'exemple le plus caricatural est sans doute celui de l'habillement, les consommateurs ayant pu profiter de prix réduits de moitié, voire davantage, en l'espace d'une dizaine d'année seulement. Mais avec l'éveil de la classe ouvrière chinoise, qui réclame logiquement de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et de protection sociale, on peut penser que c'est à présent une mécanique inverse qui s'est mise en route. Au cours des prochaines années et probablement de toute la décennie à venir et même de la suivante, il devrait ainsi y avoir une tendance inflationniste sous-jacente qui correspondra à ce que l'on pourrait qualifier d'embourgeoisement progressif des pays émergents.

Dans l'immédiat, on verra déjà ce que réserve 2011. Mais si les prix progressent aussi fortement qu'on le peut penser, cela va certainement entraîner des révisions ou au moins des interrogations déchirantes en matière d'investissements. Etre investi sur des emprunts d'Etat qui rapportent en brut à peine 3,5% par an (comme sur les fonds euros d'assurance vie en France) risque fort d'entraîner des rendements négatifs en fin d'année 2011. En tout cas, on peut se poser la question...

L'une des conséquence de la crise économique actuelle, qui va durer jusqu'en 2020 de notre point de vue, est qu'elle va également mettre à mal l'épargne des ménage. Ce fut évidemment le cas à deux reprises avec le krach Internet d'abord puis celui des Subprime ensuite. Mais cela ne touchait que les seules actions. A présent, il va falloir envisager que d'autres catégories d'actifs soient également affectés, comme les obligations (par la hausse des taux de surcroît) ou l'immobilier. C'est déjà le cas dans certains pays ou certaines régions, mais le phénomène devrait s'étendre progressivement. Et l'inflation que l'on peut attendre en 2011 ne va pas favoriser le portefeuille des ménages...

Le 31 décembre 2010
Jean-Francois Richard
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