LA DÉMOCRATIE A L'ÉPREUVE DE LA CRISE

Discussion sur l'économie mondiale.

LA DÉMOCRATIE A L'ÉPREUVE DE LA CRISE

Messagepar Jean-Francois Richard » Mar 03 02 09 00:18

LA DÉMOCRATIE A L'ÉPREUVE DE LA CRISE



Un peu partout aux quatre coins de la planète émergent des mouvements, des critiques ou des formes d'actions de nature peu ou prou révolutionnaire. C'est dans la logique de l'opposition Saturne-Uranus (année 1968 ou début des années 1920 avec ses grandes grèves -USA notamment- et ses tentatives de coups d'Etat communiste -Allemagne notamment-), d'autant plus qu'elle suit de près une opposition Saturne-Neptune.



Quel est à présent le pays qui n'est pas en crise ? Il n'y en a plus un seul... Et quel est le pays qui échappe à la contestation ? Il n'y en a plus un seul non plus... Même en Chine, pays totalitaire s'il en est, des mouvements sociaux ont fait leur apparition; même dans la Russie de Poutine-Medvedev, on assistera bientôt à des grèves et manifestations, c'est une certitude.



Dans les contestations qui se développent, certains mouvements peuvent paraître entièrement déplacés et contribuant à renforcer la crise économique. Cela a par exemple été le cas des émeutes menées par les anarchistes en Grèce et, sur un mode moins spectaculaire, c'est aussi le cas des revendications des syndicats et associations de gauche en France qui ne font que revendiquer pour une minorité bien connue.



Mais que penser par ailleurs de la grève générale en Guadeloupe ?



Pour l'essentiel, la grève générale en Guadeloupe a pour origine le fait que le coût de la vie est environ 30% plus cher qu'en France continentale. Pour quelle raison ? Pour deux raisons essentiellement : une fiscalité aberrante de 10 à 15% sur les produits importés (quasiment 100%...), que se sont octroyée les collectivités locales, socialistes en tête; une absence de concurrence suffisante au niveau des importateurs, qui conduit à une sorte de racket à cause de monopoles trop bien établis.



Tout cela rappelle d'autres situations...



Récemment, la Commission Européenne a infligé des amendes record pour entraves à la concurrence à une myriade de grands groupes industriels : Microsoft, les cimentiers dont Lafarge, les fabriquants de verre dont Saint-Gobain, les producteurs d'acier, etc.



Dans chaque pays, on peut trouver de telles rentes de situation qui, assez rarement, font l'objet de sanctions de la part des autorités en charge de la concurrence. Les sanctions sont rares, car les procédés ont en grande partie été mis en oeuvre par les Etats eux-mêmes, souvent avec de claires arrières-pensées, qu'elles soient strictement commerciales ou plus politiciennes et donc liées à la corruption politique.



Si l'on prend la France, comment se fait-il que les sociétés d'autoroute se soient constitué de telles rentes de situation sur le trafic ? Les tarifs ne cessent d'augmenter sans rapport avec l'inflation ou les services rendus, ayant notamment permis à l'ex PDG de Vinci Zacharias d'aller prendre une retraite dorée à coup de bonus et stock options dans un pays plus fiscalement accueillant que la France. Comment se fait-il que les prix de l'essence montent plus rapidement qu'ils ne descendent en fonction de la variation des prix du pétrole brut ? On connaît la réponse... Comment se fait-il que les prix des supermarchés soient généralement supérieurs de 10 à 20% par rapport à leurs homologues des pays environnants, notamment l'Allemagne ou l'Espagne ? On connaît aussi la réponse... Comment se fait-il, toujours pour citer la France, que les prix de la viande aient progressé de 50% pour le consommateur quand ils baissaient de 30% pour le producteur ? Il ne faut pas sortir de l'Ena pour comprendre où se situe le hiatus, encore une fois le produit évident de situations de monopoles, la constitution de rentes de situation et au final le racket pour le consommateur... Comment se fait-il que les tarifs de frais bancaires (récemment dénoncés par l'UFC-Que Choisir encore en France), aient connu depuis 20 ans une explosion aux quatre coins de la planète s'il n'y avait pas constitution de cartels ? Comment se fait-il que les tarifs de l'eau potable explosent à la hausse dans les pays développés, notamment et toujours en France, sans que les investissements ou des dépenses supplémentaires ne viennent les justifier ? On a la réponse, en France par exemple, en constatant que ce marché juteux est "trusté" par deux entreprises seulement, Véolia Environnement et Suez Environnement, deux soeurs jumelles dont les profits doivent davantage à leur situation de monopoles qu'à leurs innovations technologiques. Comment se fait-il que les tarifs des mobiles soient aussi cher dans certains pays, comme la France qui se retrouve ainsi dans quasiment tous les cas de surtaxation sans objet mais de véritable spoliation généralisée sur la consommation...



On s'aperçoit ent out cas que la mondialisation a entraîné la concentration industrielle et cette dernière la constitution de trusts et autres cartels... a priori condamnés par toutes les lois de la concurrence sur les quatre continents. Peu importe, les fautifs ont mille fois intérêt à payer une fois tous les dix ans une amende, même lourde, plutôt que de renoncer à leur racket. Pour aller jusqu'au bout de la constatation, on s'aperçoit ainsi que les indices boursiers de référence de la planète cotent en fait à 80 ou 90% des monopoles qui sont le plus souvent incapables de créer de la richesse nouvelle mais se contentent de surfer sur leurs rentes de situation. Au détriment d'autres entreprises qu'ils empêchent d'émerger et des ménages qui sont obligés de toujours payer davantage... Est-cela de la croissance ? On peut en douter, en dépit de la hausse des profits des denières années, ne serait-ce qu'en analysant l'utilité sociale d'une croissance largement confisquée par une minorité de rentiers du capitalisme.



Les bonus insolents que s'octroient les dirigeants des grands groupes, au mépris de leurs salariés et de leurs actionnaires, au mépris plus récemment des différentes collectivités nationales qui viennent de les aider (les banques notamment) à traverser la crise en leur versant des fonds publics, tout cela montre bien que la contestation du capitalisme aujourd'hui ne manque pas de fondements réels. C'est dans la logique d'une opposition Saturne-Uranus d'opérer au grand jour ce déballage peu ragoûtant.



Peut-être l'économiste Patrick Arthus a-t-il d'ailleurs mis le doigt sur la "fausse" croissance de la période précédente, en notant que les salaires réels des travailleurs américains n'avaient plus progressé depuis plus de dix ans aux Etats-Unis. Cela pourrait en tout cas avoir été la conséquence d'un capitalisme de rentiers, le produit de la croissance se trouvant ainsi confisqué par une minorité de privilégiés au détriment de la majorité et donc des classes moyennes.



Le pire, dans l'histoire, est que les Etats, pour différentes raisons de clientélisme ou d'intérêts particuliers évidemment scandaleux, ont eux-mêmes organisé une grande partie de ces rentes de situations ou encouragé certains privilèges.



Par les temps qui courent, bien entendu, ceux qui bénéficient de ces avantages indus vont évidemment se faire plus discrets. Comme les patrons de la BNP qui ont d'emblée annoncé qu'ils renonçaient à leurs bonus, mais ne se servent pour autant pas de l'argent public mis à disposition pour réduire les taux des crédits à leur clientèle ou faire la moindre amende honorable en matière de frais bancaires pour leurs clients.



Au cours des décennies, le système capitaliste s'est concentré et la concurrence initiale s'est réduite. Le poids des Etats s'est accru mais, au lieu que ceux-ci s'emploient avec discernement pour représenter l'intérêt général, ils ont bien souvent renforcé les situations de monopoles et les rentes de situation. Certains pays détiennent sans doute le pompon, comme la France, mais le phénomène est international.



A partir de là, la question à se poser est celle de l'avenir de nos sociétés dans un contexte pareil. La démocratie n'est pas avant tout un idéal né au siècle des Lumières. Ne soyons pas naïfs... La démocratie représente avant tout le meilleur système, le plus rationnel et le plus logique, dés lors que différents intérêts économiques sont en jeu mais qu'ils ne sont pas pour autant des ennemis mortels. C'est de là qu'est née la démocratie... Et donc de la libre concurrence qui était nécessaire pour assurer le développement du capitalisme. Plusieurs auteurs marxistes ont d'ailleurs mis en évidence, dans les années 1960 et 1970, que ce qu'ils appelaient la "démocratie bourgeoise" ne pouvait qu'être ruinée à terme par l'arrivée de l'ère des monopoles industriels. Leur réflexion ne peut être écartée d'un revers de main, car elle repose au moins sur certains arguments non dénués de fondements.



La question demeure en tout cas en suspens car, sur un plan purement économique, il est bien difficile de lire l'avenir. Déjà, fort peu d'économistes avaient prévu 6 mois à l'avance la crise des subprime, alors... pour l'évolution générale du capitalisme et de nos sociétés démocratiques sur les 20 ans à venir, on se doute rapidement de leurs compétences de "prévisions" en la matière. Nous ne sommes pas plus malins qu'eux sur ce plan, bien entendu...



En termes de simple réflexion, on peut seulement se dire qu'il appartient aux Etats, qui représentent théoriquement les peuples, de rétablir la libre concurrence dans l'intérêt général quand elle se trouve faussée. Ce qui atteint aujourd'hui des summums... Le problème est qu'ils ne le font pas. Et pour revenir à la Guadeloupe, le problème est qu'ils sont eux-mêmes partie prenante des rentes de situation constituées et qu'ils s'accrochent à leurs privilèges ! Comment pourraient-ils donc les contester ?



C'est peut-être tout l'enjeu pour la démocratie de nos sociétés de relever un tel défi. On voit bien que la démocratie économique recule et, si elle ne s'améliore pas, on peut évidemment craindre pour la démocratie politique. Les deux ne peuvent d'ailleurs pas être tellement dissociés l'une de l'autre...



A partir du printemps prochain, une configuration positive (demi-sextile Uranus-Neptune, puis quart de quintile) va faire son apparition et elle devrait étendre son influence "globale" jusqu'en 2013-2014. Au plan boursier, son influence ne devrait pas dépasser 2012 et au plan économique (relance de la consommation des ménages notamment) au-delà de 2013. Au plan de la politique économique et "peut-être" de la protection de notre démocratie politique, en revanche, on ne peut pas exclure que l'influence dure jusqu'en 2014. Ce qui voudrait alors dire une influence "potentiellement" importante de près de 5 années entières.



Il est très difficile d'apprécier l'influence d'une telle configuration au plan de la politique économique et notamment de la démocratie économique, prise de façon globale. De notre point de vue, il s'agit d'un repère, ni plus ni moins. La configuration est positive et, sur un certain plan, elle a un "lien" avec la démocratie économique et peut en avoir aussi avec la démocratie tout court.



On mesure bien, aujourd'hui, le fossé qui sépare les "élites" politiques des peuples. Les Etats-Unis viennent de nous en montrer un exemple frappant avec l'élection de Barack Obama, revirement magistral du peuple amricain après les deux élections consécutives de l'idéologue Bush. Les Islandais viennent de débarquer leur gouvernement avec pertes et fracas, etc.



Dans nombre de pays, on peut mesurer que bien des gouvernements sont à bout de souffle, soit qu'ils soient prochainement balayés soit qu'il réussissent à se reprendre mais après une sérieuse révision de leurs politiques, cela va sans dire. Avec l'opposition Saturne-Uranus actuelle, un seul repère paraît "solide" : les contestations radicales ou de nature révolutionnaires (Besancenot en France par exemple) devraient subir de prochains revers cinglants, même si cela ne se produit qu'à la fin complète de ce cycle planétaire, par conséquent par avant 2010-2011. Les mouvements populaires spontanés ou plutôt de désespoir, donc sans issue logique, ne devraient pas connaître un meilleur sort.



Mais la configuration positive qui approche par ailleurs (Uranus-Neptune) pourrait "peut-être" contribuer à combler en partie le fossé politique et "peut-être" aussi le fossé économique. A cet égard, certains élans fort peu spontanés montrent "peut-être" que le processus est déjà en marche. Par exemple, dans la France si ossifiée, il semblerait que l'on s'achemine enfin vers une fusion des Régions et des Départements... Nicolas Sarkozy, si soucieux de l'avenir matériel de ses trop nombreux amis, avait pourtant lancé, véritable cri du coeur, "ca, jamais !" lors de la présentation du rapport Attali qui le proposait... La crise actuelle (opposition Saturne-Uranus) mais la nécessité d'y apporter certaines solutions au moins partielles (le prochain demi-sextile Uranus-Neptune) est tout à fait de nature à faire aller plus loin qu'ils ne le voulaient certains des dirigeants actuels. Sarkozy aussi, sans doute...



Reste à savoir si cela permettra de corriger toute une série de déséquilibres inquiétants pour l'avenir et qui se sont installés, non à la veille de la crise des subprime, mais depuis des décennies entières... Ce n'est pas acquis du tout. Mais au moins la crise actuelle aura sans aucun doute certains mérites, même s'ils accoucheront dans une évidente douleur. Et en attendant l'approfondissement de cette même crise ensuite de 2012 à 2020 (carré Uranus-Pluton de 2012 à 2016, demi-carré Uranus-Neptune de 2016 à 2019 et approche d'une conjonction Saturne-Pluton en 2019 et 2020), dont on se demande bien quelles évolutions elles vont de leur côté apporter à nos sociétés...



Sans aucune certitude sur l'avenir, au moins pouvons-nous examiner les importants repères astrologiques apportés sur les mois et les années à venir, suivre pas à pas les évolutions, essayer de les anticiper dans la mesure du possible et les comprendre quand elles se produisent. La période actuelle est déjà historique, elle devrait l'être bien davantage sur les 10 à 12 ans à venir !
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Messagepar Jean-Francois Richard » Mer 25 02 09 12:32

LES INJUSTICES DE L'OPPOSITION SATURNE-URANUS



En Allemagne, un caissière des supermarchés Kaisers, Barbara, vient d'être licenciée pour avoir "détourné" 1,30 euro en récupérant deux petits bons de consigne oubliés par un client.



Barbara travaillait dans ce supermarché depuis 31 ans, mais avait sans doute eu le tort d'avoir participé à des mouvements syndicaux sur les salaires ces dernières années.



Les syndicats allemands dénoncent, de la part de la direction, "un tir au canon sur des moineaux". C'est exactement le cas... Mais c'est typique des conséquences au plan social de l'opposition Saturne-Uranus actuelle : l'injustice sociale...



En règle générale, une opposition Saturne-Uranus provoque différents mouvements de révolte ou de colère qui sont parfaitement justifiés sur le fond. Comme en Guadeloupe... Mais la contestation n'aboutit généralement pas et la répression de causes souvent légitimes en est le résultat final. Comme pour Barbara...
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