Bonjour à tous.
En Corse, aux premiers éléments de l'enquête, ils semblerait que la burkinisation atteigne non seulement les corps mais aussi les lieux. Une plage en burkini ce fut, peut-être bien, le nouveau visage que voulait donner certains puristes en armes à l'Ile de Beauté, trop belle sans doute pour être vu par des yeux impurs, notamment ceux des Corses.
Aussi, avec La Vie, il est difficile de ne pas s'interroger sur ce que le salafisme des plages peut avoir de si anti-laïc au point de susciter des arrêtés municipaux d'interdiction de sa burqa aquatique; lors même que ses origines pachtounes, pour sa version terrestre, semble donner une telle allure aux principes de liberté qui fait tout l'honneur de la France et la légendaire dignité humaine de la femme afghane.
Avec La Vie, on voit d'ailleurs, en illustration, deux bonnes soeurs prendre, à côté d'un fort beau cul, merci La Vie, le frais du large sans susciter plus d'émoi que ça de la part des plagistes alentours.
Est-ce parce que les soeurs n'envisageaient pas un instant se baigner dans de telles fringuasses ? Est-ce parce qu'elles n'étaient pas accompagnées de mâles en armes chargés de les défendre contre les déjections des mouettes ? Est-ce parce que leurs tenues ne paraissaient à quiconque être la marque d'un abaissement de la personne humaine mis en évidence par l'opposition aux vêtements de leur mâle de référence, autant dire de leur mari, c'est-à -dire Jésus-Christ ? Oui, Jésus-Christ portait assez bien le voile de tronche, et même à ses heures la cornette; ça personne ne peut dire le contraire.
Alors oui, avec la Vie, on se le demande, qu'est-ce qui respecte la laïcité ? La Vie interroge David Lisnard, et celui-ci répond d'un avis de maire. La Vie s'enquière auprès de Marwan Muhammad, le directeur de l'anti-islamophobie du littoral, le bonhomme est clair, le cache-femme de bain respecte parfaitement la laïcité, alors à la laïcité de respecter la burqa des plages, le fameux burkini, c'est trop dirigé contre les musulmans cet anti-burqa primaire.
C'est la position de Muhammad, pas le prophète, le directeur; le prophète, lui, qui aurait froncé le sourcil sur de telles affirmations, ne recommandait aux femmes de sa proximité, que de se couvrir la poitrine, non pour être pures, car seul Dieu peut juger de la pureté des êtres, mais pour se protéger, à son époque, des effets d'éventuelles sollicitations masculines trop intenses à leur égard. Mais qu'est-ce que la parole du Prophète à côté des fins avis de Marwan ?...
La Vie ne s'arrête pas là , le canard va au bout de son chemin de plage, il questionne aussi l'un de sa paroisse, le padre Louis-Marie Guitton, responsable d'une tour de guet à Fréjus. Guitton le dit sans ambages: il s'agit là d'une polémique inutile et offensante.
Quant à Raphaël Cornu-Thénard, le président de "Christ au bain", lui aussi dénonce, il dénonce, car il faut bien en passer par là , il dénonce une réaction de peur de la part de la mairie cannoise, qui ne peut être que néfaste au dialogue inter-religieux et aux activités de l'Église catholique. L'Eglise catholique lutte contre la peur, c'est bien.
Comme, au bout de l’article, on n’en est pas plus avancé sur l’adéquation de la burqa nautique avec les principes de laïcité, on finit nécessairement par se demander de quoi nous parlent exactement les interlos de la discussion.
Aussi, des questions viennent nécessairement de cette absence de réponse. Pourquoi la burqa balnéaire ne sied-elle qu’aux femmes ? Et puisque c’est le cas, et que sa forme est unisexe, comment peut-on la considérer comme autre chose qu’une tenue de dissimulation de la femme en tant que telle, puisque les hommes refusent de la porter ? Et puisque c’est le cas, comment peut-on la considérer comme autre chose qu’un étendard de la soumission de la femme à l’homme ? Et puisque c’est le cas, cette tenue, par son apologie ostentatoire du sexisme, autrement dit du racisme sexuel, peut-elle avoir droit de cité dans n’importe quel pays civilisé et prétendre de surcroît à un statut religieux, alors même que les mâles qui en défendent l’idée sont incapables de fournir la moindre référence religieuse fondatrice de la légitimité d’un tel asservissement.
Forcément, une ultime question arrive : en quoi la laïcité est-elle concernée par tout ce fatras, qui n’a pas l’once d’une religion ? La Vie, devrait nous le dire pour parfaire ses puissantes interrogations et ses savantes réponses.
http://www.francetvinfo.fr/societe/reli ... picks=truehttp://www.20minutes.fr/politique/19097 ... ite-droiteJohnny John
La gravité est le bonheur des imbéciles et la nécessité des religions. (Montesquieu et autre)